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Passé le pont du canal, le siphon du Séran, le passage à gué de la lône avec son échelle à poissons, nous voici sur les grandes îles.
Un chemin sur la gauche nous amène vers la lône Moiroud.
Une végétation exubérante nous enveloppe et nous protège du vent : ronces, clématites, renouées du Japon, verges d’or prêles, peupliers, saules Marsault.
Tout est calme si ce n’est le bruissement de troglodytes, le cri du geai dérangé.
Et si l’on attend un petit peu, on aura peut-être la chance de voir un martin-pêcheur avec son beau plumage, une tourterelle des bois, une fauvette à tête noire et l’été on entendra la jolie mélodie du loriot discret, que l’on ne voit jamais.
Une odeur de terre humide nous accompagne. L’air est différent. Au sol gisent des arbres taillés en crayon discrètement la nuit par les castors.
Nous approchons du seuil déjà annoncé par son bruit bien singulier.
On se sent seul au monde, détendu, apaisé.
Nous longeons la gravière du Rhône, un héron s’envole lentement.
En chemin, on évite des flaques d’eau où plongent des crapauds sonneurs.
Pour le retour nous longeons la lône.
Des abeilles bourdonnent occupées à butiner les buddleias qui nous enivrent de leur parfum.
Sur la gauche, nous apercevons le château de Rochefort, le bruit des voitures nous parvient, nous revenons à la civilisation.
C’est bon la nature, cela nous a fait du bien.
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